Alors que les Syriens célébraient dimanche la chute du régime brutal de Bachar al-Assad, trois puissances étrangères – Israël, la Turquie et les États-Unis – ont mené des frappes aériennes dans tout le pays. Tous trois ont présenté les attentats à la bombe comme une tentative de protéger leurs intérêts après qu’une offensive éclair des combattants rebelles ait déclenché l’éviction soudaine d’Assad – et le retrait de ses deux principaux protecteurs étrangers, la Russie et l’Iran.
Dans les heures grisantes qui ont suivi la fuite d’Assad vers Moscou, des milliers de prisonniers politiques ont été libérés des prisons et des centres de torture du régime baathiste. Les Syriens ont démoli les statues et les photos d’Assad et de son père, Hafez, qui ont pris le pouvoir en 1970 et ont transformé la Syrie en un État policier. Au total, père et fils dirigeaient la Syrie depuis 54 ans. Mais des millions de Syriens ont à peine eu le temps d’assimiler le fait que le règne de la famille Assad avait finalement pris fin avant qu’il ne devienne évident que d’autres acteurs extérieurs se battraient pour façonner l’avenir de la Syrie.
Israël a agi rapidement pour s’emparer du territoire syrien et détruire une grande partie des capacités militaires syriennes déjà décrépites. Les troupes israéliennes ont traversé dimanche le plateau du Golan occupé vers le territoire syrien adjacent, occupant une « zone tampon » démilitarisée établie par l’ONU un an après la guerre israélo-arabe de 1973. Mardi, Israël avait également mené plus de 350 frappes aériennes en Syrie au cours des 48 heures précédentes, détruisant les principaux atouts militaires du pays : d’anciens avions de combat, des hélicoptères, des drones, des navires de guerre, des systèmes de radar et de défense aérienne...
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